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[align=right]Le mercredi 13 avril 2005[/align]
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Photo PC
Les diverses taxes, surcharges
et droits réclamés à l'achat d'un
billet d'avion ne cessent d'augmenter.
Le pouls du marché
À quand le prix exact pour les billets d'avion?[/align]
André Désiront
collaboration spéciale, La Presse
Les publicités des compagnies aériennes relèvent souvent de la fausse représentation. Parce que l'opinion publique a été sensibilisée par une série de cafouillages, le dernier en liste étant la déconfiture de Jetsgo, le gouvernement fédéral a manifesté l'intention de mettre un peu d'ordre dans les pratiques publicitaires des transporteurs.
Mais en déposant, le 24 mars dernier, le projet de loi C-44 qui prévoit plusieurs modifications à la Loi sur les transports, il a accouché d'une souris. Tant Option Consommateurs que l'Association canadienne des agents de voyages (ACTA) doutent que ces modifications contribueront à assurer une meilleure protection au public.
En février dernier, l'organisme Option Consommateurs a analysé 25 annonces publiées par trois transporteurs actifs au Québec, soit Air Canada, WestJet et CanJet. Conclusion: l'écart entre le tarif annoncé et le coût réel du billet pouvait atteindre 91 %. Il variait de 24 à 53 % chez Air Canada, de 14 à 91 % chez WestJet et de 32 à 91 % chez CanJet. C'est qu'au prix annoncé par la compagnie aérienne, il faut ajouter plusieurs taxes, des «frais de navigation», des surcharges et des «droits».
Option Consommateurs donnait l'exemple d'un billet Montréal/New York, que WestJet annonçait à 74 $. Mais les suppléments réclamés à titre de taxes et autres surcharges s'élevaient à 66,23 $.
Encore faut-il observer que les consommateurs pensent généralement à des allers-retours. Ceux qui achètent un billet «aller simple» constituent l'exception. Mais la plupart des compagnies aériennes s'obstinent à appâter la clientèle en n'annonçant que des allers simples.
Le nouveau projet de loi prévoit que le ministre «pourra recommander» à l'Office des transports du Canada d'obliger les compagnies aériennes à inclure dans leurs publicités les montants des diverses taxes, surcharges et droits. «Pourquoi ne pas carrément inscrire cette obligation dans la loi?» demandent les représentants d'Option Consommateur et de l'ACTA. Parce qu'on espère que les compagnies aériennes s'autodisciplineront, explique-t-on dans l'entourage du ministre.
Les grossistes québécois et ontariens qui mettent en marché les vols nolisés vers l'Europe ou les destinations-soleil annoncent toujours des vols aller-retour et toutes les surcharges sont incluses dans les prix des publicités. Cela, parce des lois provinciales qui réglementent rigoureusement leurs pratiques les y obligent. Mais les compagnies aériennes ne sont pas assujetties aux législations provinciales.
Bref, avec son projet de loi, le ministre Jean Lapierre fait à la fois un pas en avant et un pas en arrière.
Or, il faut s'attendre à ce que ces divers suppléments continuent à grimper, notamment parce que les prix du carburant s'envolent. Air Transat vient d'annoncer l'imposition d'une surcharge de 60 $ sur ses tarifs vers l'Europe pour éponger les hausses de coût du kérosène. Les compagnies régulières en feront certainement autant.
Les surcharges
Selon l'IATA, entre 1972 et 2004, le pourcentage des surcharges applicables à un billet de 200 $ vendu aux États-Unis a grimpé de 7 %, en 1972, à 26 % en 2004. En effet, plusieurs charges n'existaient pas il y a 20 ans. Ainsi, depuis le 11 septembre 2001, les coûts de la sécurité font l'objet d'un supplément assuré par les voyageurs. Les coûts du contrôle du trafic aérien, par ailleurs, ne sont plus assurés par les gouvernements. Ceux-ci s'en sont départis, tout comme ils ont confié l'exploitation des aéroports à des organismes privés. Au Canada, le contrôle de la circulation aérienne est assuré par l'organisme privé NavCan, qui n'arrête pas d'imposer des augmentations. Le gouvernement canadien impose aussi aux aéroports des hausses de loyer qui se répercutent immanquablement sur les suppléments réclamés aux acheteurs de billets.
Ainsi, Aéroports de Montréal, l'organisme qui gère Montréal-Trudeau, vient de se voir imposer une augmentation de loyer de 43 %, cette année, et devra en assumer une autre de 22 %, l'an prochain. En deux ans, le loyer de l'aéroport de Dorval aura augmenté de 15 millions. Giovanni Bisignani, directeur général de l'IATA (l'association mondiale des transporteurs aériens), accuse le gouvernement canadien de prendre le transport aérien pour une vache à lait. Il n'est pas le seul. Le président français, Jacques Chirac, veut mettre les voyageurs à contribution pour soulager la misère dans le tiers-monde et financer la lutte contre le sida en Afrique. Au sommet de Davos, il a lancé l'idée d'une surtaxe de 1 $ sur tous les billets d'avion. Comme il se vend chaque année 3 milliards de billets dans le monde, cela permettrait d'augmenter d'autant l'aide que les pays développés apportent au tiers-monde.
http://www.cyberpresse.ca/voyage/articl ... 2972.shtml

