
[align=right]Le jeudi 18 novembre 2004[/align]
Les croisiéristes lancent de nouveaux bateaux
Michel Blanchard
Agence France-Presse
Paris
Après plusieurs années difficiles, la reprise semble être arrivée pour les croisiéristes qui ont recommencé à investir et à commander de nouveaux paquebots, toujours plus gros, misant notamment sur le marché français encore peu développé.
Des bâtiments de nouvelle génération remplacent peu à peu les anciens, permettant de réduire les coûts, notamment en carburant. Le marché de la croisière étant dans une phase très concurrentielle, il n'a pas répercuté la hausse du prix du pétrole, contrairement aux compagnies aériennes.
Plusieurs opérateurs se disputent le marché français, au 5e rang en Europe avec quelque 200 à 230 000 passagers par an.
Le premier est l'italien Costa Croisières qui s'en attribue près de 50%. Il vient de lancer en Méditerranée un nouveau navire de 3500 passagers, le Costa Magica. Son jumeau, le Fortuna, l'avait été il y a deux ans. Le lancement d'un bâtiment encore plus grand est prévu pour 2006, pour un investissement de 450 millions d'euros, ainsi que deux autres pour la filiale allemande de Costa, Aida.
Costa, filiale du groupe Carnival qui possède une dizaine de compagnies, veut augmenter de 20 % son activité en France en 2005, selon son directeur général Georges Azouze. En 2004, elle devrait dépasser les 105 000 passagers, soit quelque 50 % du marché français.
Son principal concurrent est la compagnie italo-suisse MSC Croisières (Mediterranean Shippping Cruises), au départ spécialisée dans le fret maritime (numéro deux mondial avec 250 unités). Elle affiche depuis peu, avec déjà sept bateaux, une belle ambition dans la croisière européenne.
En France, MSC aura fait voyager 10 000 passagers en 2003, 15 000 en 2004, et vise 26 à 30 000 en 2005, selon son directeur général Antonio Dosanti.
Après avoir racheté l'European Star et l'European Vision à l'italien Festival Croisières, MSC s'est fait livrer en juin par les Chantiers de l'Atlantique le paquebot Opéra, et a commandé deux bateaux de nouvelle génération à Saint-Nazaire, attendus pour 2006 et 2007, pour un investissement de 800 millions d'euros.
La compagnie aérienne à bas tarifs Easy Jet s'est invitée à la fête, sous le nom d'Easycruise, avec un prix annoncé de 42 euros par jour, contre 120 euros en moyenne pour un opérateur traditionnel. «Les chiffres de la croisière en France sont très encourageants, mais il y a encore beaucoup à faire», a déclaré M. Azouze lors du lancement du Magica.
Plus globalement en Europe, «le potentiel est énorme», selon lui. «Aux États-Unis, la croisière représente 6 % du marché du tourisme, en Europe seulement 2 %. Si on augmentait ce taux de seulement un point de plus, il faudrait construire un nouveau bateau par mois», dit-il.
Costa, qui a doublé sa capacité en cinq ans et aura transporté quelque 715 000 passagers en Europe en 2004 contre 557 300 en 2003, mise sur une nouvelle clientèle. Près de 60 % de ses passagers en 2004 ont moins de 55 ans, 15 % moins de 25 ans.
Pour favoriser ce rajeunissement, la compagnie met l'accent sur les discothèques, le fitness et les installations pour les jeunes enfants, mais aussi la vente par Internet et en grande distribution, qui représente 12 à 13 % des ventes.
http://www.cyberpresse.ca/voyage/articl ... 5457.shtml

