
Sauvetage
La croisière à la rescousse

Les quatre naufragés ont passé 12 heures dans les
eaux froides de l'Océan Atlantique.
© JDM
Mathieu Turbide
08/01/2011 04h46
N'eût été la vigilance d'un Québécois qui participait à une croisière, quatre Américains seraient probablement morts noyés au large des côtes de la Floride, dans l'Océan Atlantique.
Il y a presque un an, le soir du 6 février 2010, quatre hommes s'accrochent péniblement à la coque de leur bateau chaviré en pleine mer, douze heures plus tôt.
Il est passé 21h quand l'immense bateau de croisière MSC Poesia, qui transporte un millier de passagers, dont plusieurs Québécois, s'approche d'eux dans l'obscurité totale.
Pour les quatre naufragés, épuisés et découragés, ce navire est leur seul espoir. Ils se mettent alors à crier : «Help! Help!»
Assis avec les membres de sa famille sur un balcon attenant à sa chambre sur le deuxième pont du bateau, un Québécois a entendu leurs cris.
«J'ai regardé dans l'eau et j'ai vu le bateau à l'envers avec quatre personnes. J'ai tout de suite communiqué avec un membre de l'équipage par téléphone. Même si je ne parle pas très bien anglais, j'ai quand même fini par me faire comprendre. J'ai dû jurer sur la tête de mes enfants avant qu'il ne me croie», a raconté le passager, qui s'identifie comme «Claude», dans un commentaire rédigé sur un forum de discussion Internet spécialisé dans les croisières.
Ce compte-rendu correspond aux souvenirs de Monique Nolin, une autre Québécoise qui se trouvait à bord au moment du sauvetage et qui cherche toujours à identifier ce mystérieux héros qui a marqué son voyage.
«Grâce à lui, le bateau s'est arrêté et s'est approché des naufragés. L'équipage du bateau a contacté la garde côtière américaine qui est arrivée assez rapidement pour leur porter secours», se souvient-elle.
Les rescapés reconnaissants
Les quatre hommes, deux frères et leurs deux beaux-frères, tous résidents du sud de la Floride, ont été secourus.
«C'était tout un défi de rester positif. Le MSC Poesia était l'une de nos dernières chances de survie. Nos familles vous doivent nos vies», a indiqué l'un d'eux, Michael Colon, lors d'une réception qui a été organisée la semaine suivant le sauvetage, lorsque le Poesia est revenu au port Everglades, à Fort Lauderdale.
Le capitaine du Poesia, Giacomo Romano, avait brièvement souligné la vigilance du héros québécois lors d'un souper avec les passagers en pleine mer, deux jours après le sauvetage. Le capitaine a alors remercié «un passager canadien, M. Gagnon» qui avait, le premier, avisé l'équipage afin de faire arrêter le bateau. Pourtant, le héros n'a pas été invité à la soirée de retrouvailles avec les rescapés et l'équipe de la garde côtière américaine.
Mme Nolin déplore que la vigilance de ce Québécois n'ait pas été davantage reconnue. «Ce Québécois inconnu, ce jour-là, a sauvé la vie de quatre personnes et tout ça dans le silence», souligne-t-elle.
La porte-parole des Croisières MSC, aux États-Unis, Julianne Carelli, a expliqué qu'elle ne savait pas qui était le passager qui avait entendu les cris et avisé l'équipage.
Le Journal n'a pas réussi à joindre M. Gagnon. Nous lançons d'ailleurs un appel à tous pour le retracer. Vous le connaissez?
Contactez-nous à l'adresse suivante : [email protected]
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