
Le mercredi 21 juillet 2004

Photo And Newman, AP
Le bateau de croisière Carnival Cruise a coûté
375 millions à construire. Il a 960 pieds de
longueur.
LE POULS DU MARCHÉ
Les navires de croisière ne sont pas des «tout-inclus» comme les autres
André Désiront
collaboration spéciale, La Presse
Moins de 15% des consommateurs québécois qui voyagent dans le Sud ont déjà fait une croisière. Le produit suscite des réticences.
Nombreux sont les voyageurs qui croient qu'il faut encore s'habiller en tenue de soirée pour fréquenter la salle à manger et que la clientèle des paquebots appartient au troisième âge, voire au quatrième.
Pour renverser la tendance, les agents de voyages assimilent le paquebot de croisière à un «tout-inclus» flottant.
La Commission européenne et le Congrès américain ont abondé dans leur sens, l'an dernier, en se prononçant sur la validité du rachat de la compagnie P&O Princess par le groupe Carnival.
En faisant l'acquisition de Princess, Carnival, qui était déjà le plus important armateur de navires de croisière du monde, avec une demi-douzaine de compagnies (Carnival, Holland America, Cunard, Costa Cruises...), accaparait près de 60% du marché mondial.
Le mot «monopole» flottait sur toutes les lèvres. Mais la Commission européenne et le Congrès américain ont statué qu'il n'en était rien, sous prétexte que Carnival n'oeuvrait pas dans un créneau précis appelé «le secteur des croisières», mais plutôt dans «le secteur des vacances».
«C'est une décision très lourde de sens: percevoir le secteur des croisières comme une entité à part ne correspond plus à la réalité», remarque Éric Saint-Pierre, chef du produit Croisières chez le voyagiste Intair.
«Le navire peut être comparé à un tout-inclus et les escales aux excursions que les clients de ces complexes tout compris achètent pour découvrir le pays.»
Lorsqu'on lui fait observer que sur chaque navire, on dénombre entre une douzaine et une quinzaine de catégories de cabines différentes, Éric Saint-Pierre rétorque que cette particularité n'est plus réservée aux seuls paquebots de croisière.
De la villa à la chambre standard, en passant par les suites et les chambres «supérieures», la plupart des tout-inclus proposent maintenant un éventail de catégories d'hébergement.
Le Club Med en compte quatre et une chaîne comme Sandals en a jusqu'à 14 dans la plupart de ses propriétés. «Sur un paquebot, cet éventail se réduit rapidement à quatre grandes catégories: les cabines extérieures, les cabines intérieures, les cabines avec balcons et les suites, note Éric Saint-Pierre. Le reste, c'est de l'enrobage. Il faut seulement savoir que les cabines situées sur les ponts inférieurs sont moins chères que celles situées plus haut dans le bateau.»
À l'instar des tout-inclus des destinations-soleil, les grandes compagnies proposent aujourd'hui un choix de restaurants dit «de spécialités» (françaises, italiennes, japonaises, etc.) à bord de leurs paquebots. Norwegian Cruise Line a lancé la tendance avec son service free style.
Aujourd'hui, ses grands paquebots sont dotés d'une dizaine de restaurants: bistro français, trattoria italienne, bar à sushis, bar à tapas... Ils sont ouverts de 17h30 à minuit et on arrive à l'heure que l'on veut, sans plus se soucier de l'obligation de se présenter pour le premier ou le second service.
Vers la même période, Princess Cruises introduisait deux grandes salles à manger supplémentaires sur ses nouveaux navires. Alors que dans la salle à manger principale, on continue à dispenser les deux services habituels, les passagers sont libres de se présenter à l'heure de leur choix (entre 17h30 et 22h) dans les deux autres.
En outre, on trouve également une pizzeria, un comptoir de restauration rapide et un restaurant «de spécialités» sur chacun des navires de Princess. D'autres compagnies ont emboîté le pas.
«Par contre, plusieurs d'entre elles, dont Princess, facturent un supplément, qui varie entre 10 $ et 20 $ US pour accéder à leurs restaurants de spécialités, observe Yvon Leroux, de Voyages Thomas Cook Champlain, une agence de Brossard spécialisée en croisières. Pour ma part, je crois que les bateaux de croisière ne peuvent pas être assimilés à des tout inclus. On y paie les consommations et les compagnies, qui ont baissé leurs prix pour stimuler le marché, tentent de compenser le manque à gagner en augmentant sensiblement les prix de leurs excursions aux escales et ceux des consommations, alcoolisées ou non, servies à bord.»
L'alcool a pris une telle importance en tant que sources de revenus que plusieurs compagnies interdisent maintenant aux passagers de ramener des bouteilles à bord, à la faveur des escales. Comme les sacs sont fouillés, à cause des impératifs de sécurité, le contrôle est aisé. «Certaines compagnies tolèrent les bouteilles de vin et de champagne, mais elles imposent un droit de bouchon, dit Yvon Leroux. Holland America, par exemple, facture 15 $ de droit de bouchon. À ce tarif-là, mieux vaut acheter ses bouteilles à bord!»
Alors qu'un forfait dans un «tout-inclus» moyen se détaille entre 1200 $ et 1500 $, la croisière d'une semaine dans les Caraïbes au départ de la Floride coûtera à peu près la même chose, avion jusqu'au port d'embarquement non compris. En tenant également compte des consommations, le produit croisières reste donc plus onéreux.
«Mais il comporte deux avantages, dit Yvon Leroux: la qualité de la nourriture servie à bord des bateaux est généralement supérieure à celle qu'on trouve dans les tout-inclus et le paquebot est un hôtel qui se déplace. On peut découvrir plusieurs destinations au cours de la même semaine, sans avoir à refaire continuellement ses valises.»
Les grands acteurs du marché
Le marché des croisières est aujourd'hui dominé par quatre groupes:
> Carnival, qui est le plus gros avec 12 marques dont Carnival, Princess, Holland America, Cunard, Costa Cruises, P&O Cruises... Le groupe exploite 75 paquebots pour une capacité totale de 123 000 passagers.
> Royal Caribbean International, qui exploite Royal Caribbean et Celebrity Cruises, déploie une flotte de 29 navires pour un total de 60 500 lits.
> Le groupe asiatique Star Cruises qui, outre la compagnie éponyme, est propriétaire de Norwegian Cruise Line et de Orient Lines. Ce holding déploie une flotte de 18 navires pour un total de 23 000 lits.
> MSC Cruises, filiale de l'armateur Mediterranean Shipping Co., qui se prépare à faire une percée sur le marché américain. L'entreprise n'exploite encore que quatre paquebots, mais ses propriétaires (qui possèdent une flotte de plus de 200 porte-conteneurs) ont de grandes ambitions. Elle est actuellement commercialisée au Québec par le grossiste Solbec Tours.
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Plusieurs albums photos (+ de 1,205) de nos croisières sur Webshots (vue, plus 31,000 fois...)
http://community.webshots.com/user/bellegueule001
Autre album photos Explorer of the Seas
http://fr.ca.msnusers.com/5m5q5he40nr/shoebox.msnw
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RCCL JEWEL OF THE SEAS, Septembre 2004
10 jours - Canada/Nouvelle-Angleterre

CEL CONSTELLATION, Décembre 2004
7 jours - Caraïbes du Sud

CEL Millennium, Janvier 2005
7 jours - Caraïbes de l'Ouest
RCCL - Radiance of the Seas, 05/04, Côte Nord-Ouest du Pacifique (NWP)
RCCL - Radiance of the Seas, 04/04, Canal de Panama (PC)
RCCL - Serenade of the Seas, 12/03, Caraïbes du Sud (SC)
RCCL - Mariner of the Seas, 23/11/03, Caraïbes de l'Est (EC)***
RCCL - Mariner of the Seas, 16/11/03, Caraïbes de l'Est
RCCL - Brillance of the Seas, 07/03, Europe Méditerranéen (EU)
RCCL - Voyager of the Seas, 05/03, Caraïbes de l'Ouest (WC)
RCCL - Navigator of the Seas, 04/03, Caraïbes de l'Est **
RCCL - Adventure of the Seas, 02/02, Caraïbes du Sud
RCCL - Radiance of the Seas, 06/01, Alaska
RCCL - Explorer of the Seas, 12/00, Caraïbes de l'Est
RCCL - Majesty of the Seas, 01/97, Caraïbes de l'Ouest *
CCL - Sensation, 11/96, Riviera Mexicaine
RCCL - Sovereign of the Seas, 01/96, Caraïbes de l'Est
Programme de Loyauté de Crown & Anchor
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** Platinum Member
* Gold Member

