
[/align][hr][align=left]Le mercredi 28 février 2007
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«Le Québécois qui a besoin de prendre un congé d'hiver continuera à acheter des forfaits à 1200 $», estime Moscou Côté, directeur général de Voyages Constellation et président du conseil régional de l'Association des agents de voyage.
Photo archives PC
Le salut par la spécialisation pour les agences de voyage?
André Désiront
La Presse
Collaboration spéciale
L'agence de voyages traditionnelle, celle qui vend des produits de consommation courante, c'est-à-dire des forfaits d'une semaine à Cuba ou des vols nolisés vers Paris, a-t-elle un avenir?
Dans l'industrie, le débat fait rage depuis que les consommateurs ont accès à Internet. Au cours des 10 dernières années, le nombre d'agences de voyages actives au Québec est passé de 1200 à 830. Ils sont nombreux, les professionnels qui pensent que dans moins de cinq ans, les grossistes qui vendent des forfaits de masse distribueront leurs produits en direct sur le Web et qu'il ne restera plus que 300 ou 400 agences spécialisées dans des produits de niches : voyages à thème ou à caractère sportif, destinations lointaines, itinéraires complexes...
Philippe Bergeron fait partie de ceux-là et il a pris les devants. Son agence montréalaise, Uniktour, vend presque exclusivement des voyages personnalisés. «Nous vendons de l'aventure haut de gamme, des voyages durant lesquels les clients disposent d'une voiture avec chauffeur, explique-t-il. L'itinéraire et les prestations sont élaborés sur mesure en interrogeant le consommateur.»
Chez Uniktour, un forfait de deux semaines coûte en moyenne 3500 $ par personne, ce qui inclut les services d'un guide local francophone. Et 20 % des clients acquittent des factures qui s'élèvent à plus de 10 000 $ par personne. «Le type de voyages que nous concevons est plus cher qu'un forfait dans le Sud, mais le consommateur de voyage moyen a été plusieurs fois dans le Sud et en Europe, dit Philippe Bergeron. Aujourd'hui, il veut des produits différents. La demande devient de plus en plus complexe et elle s'oriente vers plus de qualité. À la fin d'un voyage, le client ne se souvient pas combien il a payé, mais il se souvient très bien d'un hôtel qui ne lui a pas plu.»
Depuis 20 ans, les agents de voyages commercialisent surtout des forfaits et des circuits produits par les grossistes. Aujourd'hui, ceux-ci sont en mesure de vendre leurs voyages en direct sur Internet. Selon Philippe Bergeron, cela va contraindre les agents de voyages à renouer avec leur vrai métier, qui consiste, non pas seulement à prendre des commandes, mais à concevoir les voyages et à en assumer la préparation logistique. Uniktour recrute ses clients en annonçant dans des magazines professionnels comme L'Actualité médicale, par exemple, et en s'appuyant sur un site Web (www.uniktour.com) très développé. «Cela nous permet aussi de recruter une clientèle de francophones européens, essentiellement des Belges et des Suisses, dit Philippe Bergeron. Les Européens composent maintenant 25 % de notre clientèle.»
Mais ses confrères n'entérinent pas tous la profession de foi voulant que l'agence qui ne se spécialise pas meure d'inanition au cours des prochaines années. «Nous sommes un réseau d'agences traditionnelles qui vend une majorité de produits conçus par des grossistes et en 10 ans, notre chiffre d'affaires est passé de 30 millions à 71 millions», lance Alain Authier, vice-président et directeur général de Voyages CAA-Québec. «Et il continue de croître. Pourtant, au moins 60 % de nos clients ont fait des recherches sur Internet avant de venir nous voir. Bien souvent, ils pourraient acheter en direct sur le Web, mais ils ont besoin qu'un expert réponde à une série de questions comme «Ai-je besoin d'un vaccin contre la malaria? Dois-je emmener des dollars américains à Cuba? Si j'arrive au terminal 2, dois-je prendre un taxi pour me rendre au terminal 1? À quelle température dois-je m'attendre?»»
Une demande marginale
Moscou Côté, qui est à la fois directeur général de Voyages Constellation et président du conseil régional de l'Association des agents de voyages (l'ACTA), estime, pour sa part, que la demande pour les produits spécialisés n'augmentera pas dans des proportions exponentielles. «C'est vrai que les clients recherchent des produits plus raffinés et que la demande pour ce type de voyages a quintuplé en 10 ans, dit-il. Mais cela reste une demande relativement marginale. Ces voyages plus sophistiqués représentaient 2 % de la demande et on a grimpé à 10 %. Cela va continuer à augmenter, mais cela ne dépassera jamais 25 % de la demande. Le forfait en République dominicaine ou au Mexique a encore de beaux jours devant lui. Le prix demeure le principal critère du choix et le Québécois qui a besoin de prendre un congé d'hiver continuera à acheter des forfaits à 1200 $. Or, pour vendre ces forfaits ou pour vendre des vols nolisés vers l'Europe, le réseau des agents de voyages demeure le canal de distribution le plus économique.»
Jusqu'ici, les événements semblent lui donner raison. Le grossiste Go Travel Direct qui, depuis quatre ans, tente de percer le marché québécois en vendant, en direct sur Internet, des forfaits dans le Sud à meilleur prix que la plupart de ses concurrents arrive difficilement à s'imposer. Avec quelque 30 000 sièges par hiver au départ de Montréal, il reste un acteur marginal face à Vacances Transat, Vacances Signature ou Tours Mont-Royal, qui commercialisent chaque hiver plusieurs centaines de milliers de forfaits par l'entremise des agents de voyages.
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